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Piloter Antigravity depuis le terminal : la CLI agy

12 min de lecture

Tout ce que vous avez appris dans l’interface graphique a un jumeau au terminal — et ce jumeau ne dort jamais. Antigravity ne se limite pas à son application de bureau : il propose aussi une interface en ligne de commande, l’Antigravity CLI, invoquée par agy. Écrite en Go pour être rapide et économe, elle apporte les agents là où il n’y a pas d’écran : serveurs distants, environnements d’intégration continue, scripts d’automatisation. Ce tutoriel vous fait piloter un agent sur l’application Suivi directement depuis votre terminal.

📘 Guide principal de la série : Google Antigravity : développer avec des agents IA autonomes.

🎯 Ce que vous allez apprendre

  • Installer la commande agy et lancer un agent depuis le terminal.
  • Comprendre pourquoi une CLI écrite en Go change la donne pour l’automatisation.
  • Mener un travail multi-agents en arrière-plan sans bloquer votre session.
  • Situer la CLI par rapport à l’application de bureau et à l’ancien outil Gemini CLI.

🛠️ Ce que vous allez construire

Nous utilisons la CLI pour confier à un agent une tâche transversale sur Suivi : harmoniser la gestion des erreurs sur toutes les routes de l’API. C’est typiquement le genre de refactorisation multi-fichiers que l’on aime lancer puis laisser tourner. À la fin, vous saurez démarrer un agent au terminal, suivre son travail, et comprendre quand la ligne de commande est plus adaptée que l’interface graphique.

Prérequis

  • Antigravity installé — voir Installer Google Antigravity et lancer votre premier agent.
  • L’application Suivi avec plusieurs routes d’API.
  • Aisance avec un terminal. Test express : si vous savez naviguer entre dossiers et lire la sortie d’une commande, vous êtes prêt.
  • ⏱️ Temps estimé : ~35 minutes.

Étape 1 — Installer la commande agy

Pourquoi descendre au terminal alors que l’application graphique est si confortable ? Parce que le terminal est le langage commun de l’automatisation. Tout ce qui se commande en ligne peut être scripté, planifié, déclenché par un autre programme. En exposant les agents Antigravity à la ligne de commande, agy les fait sortir du cadre interactif pour les rendre disponibles partout où votre infrastructure tourne déjà. C’est le passage du « je demande à un agent quand je suis devant mon écran » au « un agent intervient dans mes processus, écran ou pas ». Cette bascule est ce qui sépare un assistant ponctuel d’un véritable rouage de votre chaîne de production logicielle.

La première étape consiste à rendre la commande agy disponible dans votre terminal. Le plus simple est de l’installer depuis l’application de bureau, qui propose une action dédiée pour ajouter l’outil en ligne de commande au système — exactement comme d’autres éditeurs proposent d’installer leur commande. Cherchez cette option dans la palette de commandes ou les réglages de l’application.

Une fois l’installation faite, ouvrez un terminal et vérifiez que la commande répond :

agy --help

Vous devez voir s’afficher l’aide intégrée : la liste des sous-commandes disponibles et leurs options. Prenez l’habitude de revenir à cette aide : c’est la source de vérité sur la syntaxe exacte, qui peut évoluer d’une version à l’autre. Si la commande n’est pas reconnue, c’est généralement que le dossier d’installation n’est pas dans votre variable d’environnement PATH ; rouvrir le terminal ou relancer l’installation depuis l’application règle le plus souvent le problème.

Point d’étapeagy --help doit afficher l’aide sans erreur. Si vous obtenez « commande introuvable », l’outil n’est pas encore dans le PATH : reprenez l’installation depuis l’application de bureau.

Étape 2 — Lancer un agent depuis le terminal

Place à la pratique. Déplacez-vous dans le dossier de votre projet, puis démarrez Antigravity sur ce dossier avec la commande de base :

cd suivi
agy

Lancée sans argument dans un dossier, agy ouvre une session d’agent ancrée sur ce projet, directement dans le terminal. Vous retrouvez là, en mode texte, la logique de l’interface graphique : vous décrivez un objectif, l’agent planifie, agit et rend compte, en respectant le niveau d’autonomie et les permissions configurés. Tout le cadrage mis en place précédemment — votre AGENTS.md, vos règles, vos Skills — s’applique de la même façon, car la CLI partage l’architecture de l’application de bureau.

Formulez votre demande de refactorisation :

Harmonise la gestion des erreurs sur toutes les routes de l'API Suivi :
chaque erreur doit renvoyer un JSON { erreur: message } avec le bon code
HTTP. Ne change pas le comportement nominal des routes. Resume les
fichiers modifies a la fin.

L’agent parcourt server.js, repère les réponses d’erreur incohérentes et les uniformise. Comme en mode supervisé, il sollicite votre validation avant les actions sensibles ; au terminal, ces demandes s’affichent dans le flux et attendent votre réponse.

Un détail mérite d’être souligné, car il rassure beaucoup d’utilisateurs au moment de franchir le pas. Passer au terminal ne signifie pas renoncer à la sécurité que vous avez mise en place. Le niveau d’autonomie, les listes de permissions, la restriction au dossier du projet : tout cela continue de s’appliquer. La CLI n’est pas une porte dérobée qui contournerait vos garde-fous ; c’est la même machine, soumise aux mêmes règles. Vous pouvez donc explorer la ligne de commande avec la même tranquillité que l’application de bureau, à condition d’avoir, comme toujours, configuré vos permissions avec soin.

Étape 3 — Comprendre l’atout du Go

Pourquoi insister sur le fait que la CLI est écrite en Go ? Parce que ce choix technique a des conséquences très concrètes. Un binaire Go démarre quasi instantanément, consomme peu de mémoire, et n’entraîne pas de longue chaîne de dépendances à installer. Là où un outil bâti sur une pile plus lourde peut être lent à se lancer et fragile à déployer, agy s’installe et démarre vite, y compris sur des machines modestes ou des serveurs sans interface graphique.

Cet avantage prend tout son sens dans les environnements headless — sans écran. Sur un serveur distant accessible en SSH, ou dans un pipeline d’intégration continue, vous ne pouvez pas ouvrir une application de bureau. La CLI, elle, y tourne sans difficulté. C’est ce qui ouvre la porte à l’automatisation : faire intervenir un agent dans un processus déclenché automatiquement, par exemple pour préparer une revue ou appliquer une correction de routine, sans qu’aucun humain n’ait à ouvrir une fenêtre.

Étape 4 — Travailler en multi-agents et en arrière-plan

La CLI ne se contente pas de reproduire l’expérience graphique en texte : elle est pensée pour l’asynchrone. Elle peut orchestrer plusieurs agents pour des tâches complexes en arrière-plan, ce qui vous permet de lancer une grande refactorisation ou plusieurs recherches en parallèle sans bloquer votre session de terminal. Vous gardez la main pour continuer à travailler pendant que les agents avancent.

On retrouve aussi, côté ligne de commande, les briques d’extension vues précédemment : les Skills, des points d’accroche (hooks) pour réagir à des événements, des sous-agents pour déléguer des sous-tâches, et un système de modules complémentaires sous forme de plugins. Autrement dit, l’investissement que vous faites dans votre cadre de travail — conventions, compétences, outils MCP — se transpose au terminal. Vous ne repartez pas de zéro en passant de l’application à la CLI : c’est le même cerveau, exposé par deux portes différentes.

Point d’étape — À la fin de la refactorisation, l’agent doit lister les fichiers modifiés et résumer les changements. Vérifiez par vous-même : relancez le serveur et testez une route avec une entrée invalide ; vous devez recevoir un JSON { erreur: ... } avec un code HTTP cohérent.

Étape 5 — Situer la CLI dans l’histoire de l’outil

Un point de contexte aide à comprendre où l’on met les pieds. L’Antigravity CLI s’inscrit dans la continuité d’un outil antérieur, le Gemini CLI. Google a engagé la transition de l’un vers l’autre : l’Antigravity CLI reprend et prolonge les fonctionnalités (compétences, hooks, sous-agents, extensions devenues plugins) tout en partageant l’architecture de la nouvelle génération de l’application de bureau. Pour les utilisateurs gratuits et les abonnements grand public, l’ancien Gemini CLI cesse de servir les requêtes à compter de la mi-juin 2026, tandis que certaines offres professionnelles conservent un accès dédié.

La leçon pratique est simple : si vous démarrez aujourd’hui, partez directement sur agy. C’est l’outil dans lequel les efforts de Google se concentrent désormais, et celui qui partage le socle de l’application de bureau. Inutile d’investir dans un outil en cours de retrait. Comme toujours sur une technologie récente, les détails évoluent vite : l’aide intégrée et la documentation officielle restent vos meilleures références au moment où vous lisez ces lignes.

Cette continuité entre les deux mondes est sans doute l’idée la plus importante de ce tutoriel. On pourrait croire qu’une CLI est un outil à part, avec sa propre logique à réapprendre. C’est le contraire : l’Antigravity CLI a été conçue pour partager le socle de l’application, précisément pour qu’aucun effort de configuration ne soit perdu. Le temps passé à rédiger un bon AGENTS.md, à découper des Skills nettes et à brancher les bons serveurs MCP profite aux deux interfaces. C’est un investissement unique pour un usage double, ce qui en fait l’un des meilleurs rapports effort/bénéfice de tout l’écosystème.

🐞 Pièges fréquents

Symptôme Cause probable Correctif
agy : commande introuvable Outil non installé ou absent du PATH Installer la commande depuis l’application, rouvrir le terminal
L’agent ne respecte pas vos conventions Lancé hors du dossier du projet Se placer à la racine du projet (cd suivi) avant de lancer agy
Une demande de validation semble ignorée Elle attend une réponse dans le flux du terminal Lire le flux et répondre à l’invite de confirmation
Sous-commande inconnue Syntaxe changée entre versions Consulter agy --help pour la syntaxe à jour

Un cas d’usage qui change la routine

Pour rendre tout cela tangible, imaginez une routine de fin de journée. Plutôt que de relire vous-même chaque modification, vous lancez depuis le terminal un agent chargé de parcourir les changements du jour, de repérer les routes sans gestion d’erreur et de proposer un correctif. La tâche tourne pendant que vous faites autre chose, et vous retrouvez à votre retour un résumé prêt à relire. Multipliez cet exemple — génération de documentation, vérification de cohérence, préparation d’une revue — et vous comprenez pourquoi la ligne de commande n’est pas un gadget pour initiés, mais le moyen le plus direct de faire entrer un agent dans vos habitudes de travail réelles.

✅ Récapitulatif

Vous savez maintenant piloter Antigravity sans quitter le terminal. Vous avez installé la commande agy, lancé un agent ancré sur votre projet, et mené une refactorisation multi-fichiers en réutilisant tout votre cadrage. Vous comprenez pourquoi le choix du Go rend la CLI rapide et adaptée aux environnements sans écran, et donc à l’automatisation. Enfin, vous savez situer cet outil dans la transition depuis Gemini CLI, et pourquoi agy est le bon point de départ aujourd’hui. La boucle de la série est bouclée : de la première installation graphique jusqu’à l’agent en ligne de commande.

🧾 Aide-mémoire

Commande / notion Rôle
agy --help Afficher l’aide et la liste des sous-commandes
agy (dans un dossier) Ouvrir une session d’agent ancrée sur le projet
Écrite en Go Démarrage rapide, faible mémoire, environnements headless
Multi-agents en arrière-plan Lancer plusieurs tâches sans bloquer le terminal
Skills / hooks / sous-agents / plugins Mêmes extensions que l’application de bureau

💪 À vous de jouer

Depuis le terminal, demandez à l’agent de générer un fichier de tests simples pour l’API (un script qui appelle chaque route et vérifie le code de retour), puis de le lancer. Observez comment il enchaîne génération et exécution sans quitter la session.

Voir une piste de solution

Consigne : « Crée un script test.sh qui vérifie avec curl chaque route de l’API Suivi et affiche réussite ou échec, puis exécute-le. » L’agent doit écrire le script, demander l’autorisation de le lancer, puis vous présenter le résultat. Si une route échoue, c’est l’occasion de relancer une petite tâche corrective dans la foulée.

À lire aussi

Ressources officielles

FAQ

La CLI remplace-t-elle l’application de bureau ?
Non, elle la complète. L’application reste idéale pour le travail visuel et la lecture des artifacts ; la CLI brille pour l’automatisation, les serveurs distants et les pipelines. Les deux partagent le même socle, à vous de choisir la porte selon le contexte.

Puis-je l’utiliser dans un pipeline d’intégration continue ?
C’est précisément l’un de ses points forts. Étant écrite en Go et fonctionnant sans interface, elle s’intègre à des environnements automatisés. Veillez alors particulièrement aux permissions et au périmètre d’action de l’agent, puisqu’aucun humain ne supervisera chaque étape.

Dois-je réécrire mes Skills pour la CLI ?
Non. Le cadrage et les extensions sont partagés avec l’application de bureau. Vos AGENTS.md, règles, workflows et Skills s’appliquent de la même manière côté terminal.

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