Lecture : 10 minutes · Niveau : tous publics · Mise à jour : avril 2026
Zapier et Make (ex-Integromat) sont les deux poids lourds de l’automatisation no-code cloud. Pour une PME, le choix entre les deux conditionne la facture mensuelle, la flexibilité des workflows, et la rapidité de prise en main. Cet article détaille les différences réelles, sans hype ni promesse exagérée.
⚠️ Avertissement : tarifs et fonctionnalités évoluent. Vérifiez toujours les conditions actuelles sur zapier.com et make.com avant souscription.
Sommaire
- Présentation rapide des 2 acteurs
- Modèle de tarification : le facteur qui change tout à volume
- Interface et courbe d’apprentissage
- Intégrations disponibles
- Logique conditionnelle et workflows complexes
- Performance et fiabilité
- Support et communauté
- Recommandation par profil
- Migrer de l’un à l’autre : ce qu’il faut savoir
- FAQ
1. Présentation rapide des 2 acteurs
Zapier
Site officiel : zapier.com
Fondé en 2011, Zapier est le pionnier et leader historique de l’automatisation no-code SaaS. Basé aux USA, l’écosystème d’intégrations est le plus large du marché.
Make (ex-Integromat)
Site officiel : make.com
Fondé en 2012 sous le nom Integromat (République tchèque), renommé Make en 2022 après acquisition par Celonis. Réputé pour une interface visuelle plus puissante et un pricing souvent plus avantageux à volume.
2. Modèle de tarification : le facteur qui change tout à volume
C’est la différence la plus impactante.
Zapier — Tarification au nombre de tâches
Une task = une exécution réussie d’un step (action) du workflow.
Exemple : un Zap avec 1 trigger + 3 actions = 3 tasks à chaque déclenchement (le trigger ne compte pas).
Conséquence : un workflow simple consomme peu, un workflow complexe à 10 actions consomme 10 tasks par exécution.
Make — Tarification aux opérations
Une operation = une étape exécutée (un module qui s’exécute consomme 1 opération).
À première vue similaire à Zapier, mais Make est généralement plus économique en valeur absolue à fonctionnalités équivalentes, et son interface permet souvent d’optimiser le nombre d’opérations.
Comparaison concrète
Pour 10 000 exécutions / mois d’un workflow moyen (3 actions) :
– Zapier : 30 000 tasks → plan élevé requis
– Make : 30 000 operations → plan intermédiaire suffit, généralement moins cher
💡 Règle pratique : à volume faible (< 1 000 exécutions / mois), différence marginale. À volume moyen (1 000-50 000), Make devient nettement plus avantageux. À volume très élevé, n8n auto-hébergé bat les deux. Voir → n8n auto-hébergé : installation et 5 workflows utiles.
Plans gratuits
- Zapier Free : 100 tasks/mois, 5 Zaps actifs maximum, fonctionnalités limitées
- Make Free : 1 000 operations/mois, scénarios illimités, certaines fonctionnalités avancées disponibles
Make offre objectivement un plan gratuit plus généreux pour explorer l’outil.
3. Interface et courbe d’apprentissage
Zapier — La simplicité linéaire
Workflows en format linéaire : trigger → action 1 → action 2 → action 3.
- ✅ Très accessible pour débutant total
- ✅ Templates pré-fabriqués nombreux
- ❌ Devient lourd pour des workflows à branches multiples
Make — Le canvas visuel
Workflows sur canvas visuel avec connexions en arborescence et possibilité de branches multiples natives.
- ✅ Beaucoup plus puissant pour les workflows complexes
- ✅ Visualisation immédiate des dépendances
- ❌ Apprentissage initial plus exigeant (comprendre les bundles, opérations, modules)
Verdict
Pour un débutant total : Zapier prend 10 minutes à comprendre. Make en demande 1-2 heures.
Pour des workflows à logique riche : Make devient incomparablement plus pratique une fois la courbe passée.
4. Intégrations disponibles
Zapier
Plusieurs milliers d’apps connectées (vérifier le nombre exact actuel sur leur site). C’est l’écosystème le plus large du marché. Pour les outils de niche peu connus, Zapier a souvent une intégration que les concurrents n’ont pas.
Make
Environ 1 500-2 000 apps (vérifier nombre actuel). Légèrement moins large que Zapier mais couvre la grande majorité des outils utilisés par les PME (Google Workspace, Microsoft 365, CRM populaires, e-commerce, marketing, comptabilité…).
Connecteurs spécifiques pour le marché africain
Pour les outils locaux (PayDunya, CinetPay, opérateurs Mobile Money locaux, services bancaires sénégalais), aucun des deux n’a généralement d’intégration native. Solution : utiliser le module HTTP Request / Webhook pour appeler les API directement.
Verdict
Pour les outils mainstream : équivalence pratique entre les deux.
Pour les outils de niche / récents : avantage Zapier.
Pour les outils via webhooks/API custom : équivalence (les deux gèrent bien).
5. Logique conditionnelle et workflows complexes
Zapier
- Filters : ne continuer que si condition vraie
- Paths : branches conditionnelles (plan payant requis)
- Sub-Zaps : appeler un Zap depuis un autre (modularité)
- Code by Zapier : nœud JavaScript / Python natif (avancé)
Make
- Routers : branches multiples très intuitives (gratuites dès le plan de base)
- Iterators / Aggregators : boucles natives sur listes
- Tools : opérations sur tableaux, dates, textes (très riche)
- Functions intégrées : centaines de fonctions de transformation (
get(),map(),parseDate(), etc.)
Verdict
Make est nettement plus puissant pour les workflows complexes. Si vous prévoyez des automatisations à branches, boucles, transformations de données poussées : choisir Make.
6. Performance et fiabilité
Délai d’exécution typique
- Zapier : selon le plan, le polling des triggers peut prendre quelques minutes (sauf triggers webhooks instantanés). Plans gratuits / bas : 15 min de polling.
- Make : polling configurable, généralement 5-15 minutes selon plan. Webhooks instantanés.
Pour des workflows nécessitant vraiment instantané, privilégier les triggers webhook (plus rapides que polling).
Uptime et fiabilité
Les deux sont des plateformes très fiables avec uptime généralement > 99.9 %. Incidents ponctuels possibles, communiqués sur leurs status pages respectives (status.zapier.com, status.make.com).
Limites de runtime
Chaque exécution a un timeout maximum (30s sur Zapier, plus sur Make selon plan). Pour des workflows très longs : optimiser ou découper en plusieurs scénarios.
7. Support et communauté
Zapier
- Documentation très complète (anglais)
- Communauté massive (forums, vidéos YouTube, formations tierces)
- Support email plus rapide sur plans payants
Make
- Documentation complète et bien structurée (anglais principalement, certaines parties traduites)
- Communauté active mais moins large que Zapier
- Support email réactif
Verdict
Pour trouver une réponse rapidement à un problème : avantage Zapier (volume de contenus disponibles).
Pour support direct : équivalence sur les plans payants.
8. Recommandation par profil
Profil A — PME qui démarre, très petits volumes, équipe non-tech
→ Zapier Free ou Make Free, choisir selon les outils intégrés natifs prioritaires pour vous. Make a un plan gratuit plus généreux.
Profil B — PME en croissance, volumes moyens, workflows simples
→ Zapier plan payant si vous valorisez la simplicité et la breadth d’intégrations.
Profil C — PME en croissance, volumes moyens, workflows complexes
→ Make plan payant. Le rapport puissance/prix est meilleur.
Profil D — PME avec dev en interne, gros volumes
→ n8n auto-hébergé. Coût marginal et flexibilité maximale.
Profil E — Volume très faible, automation occasionnelle personnelle
→ IFTTT ou Zapier Free. Pas besoin de monter en gamme.
Profil F — Architecture hybride
Beaucoup de PME utilisent les deux : Zapier pour les intégrations natives qu’il a en exclusivité, Make pour le reste plus économique. C’est valide tant que la complexité reste gérable.
9. Migrer de l’un à l’autre : ce qu’il faut savoir
Pas d’import automatique
Aucun outil de migration automatique entre Zapier et Make. Tous les workflows doivent être recréés manuellement.
Effort de migration typique
- Workflow simple (1 trigger + 1-2 actions) : 5-10 minutes à recréer
- Workflow moyen (avec filtres, branches simples) : 30-60 minutes
- Workflow complexe (boucles, transformations, sous-workflows) : plusieurs heures
Stratégie de migration progressive
- Inventorier vos Zaps actifs avec leur valeur business
- Prioriser ceux à migrer (les plus chers à faire tourner sur Zapier en premier)
- Migrer en parallèle : reconstruire dans Make, tester en parallèle, basculer une fois validé
- Désactiver progressivement côté Zapier après période de double-run
Points de vigilance
- Les credentials (API keys, tokens) doivent être réautorisés dans le nouvel outil
- Les historiques d’exécution ne migrent pas
- Certaines logiques spécifiques Zapier (Paths, Sub-Zaps) demandent une réécriture conceptuelle dans Make
10. FAQ
Zapier ou Make pour quelqu’un qui ne sait pas coder du tout ?
Zapier au démarrage. Interface plus linéaire et plus de templates prêts. Si vous voulez monter en compétence et faire des workflows plus riches, Make vaut l’investissement d’apprentissage à terme.
Lequel a la meilleure intégration WhatsApp Business ?
Tous deux dépendent d’un BSP WhatsApp tiers (Twilio, 360dialog…). Voir → WhatsApp Business API : guide pratique pour PME ouest-africaine. Aucun n’a d’intégration WhatsApp officielle directe.
Puis-je utiliser les deux en parallèle ?
Oui, c’est même fréquent. Stratégie : Zapier pour les intégrations qu’il a en exclusivité ou pour les workflows ultra-simples, Make pour le reste à volume modéré. Inconvénient : double abonnement à gérer.
Combien dois-je prévoir mensuellement pour une PME standard ?
Très variable. Pour 1 000-5 000 exécutions/mois sur 5-15 workflows : compter quelques dizaines à 100 € par mois sur l’un ou l’autre. Au-delà : étudier sérieusement n8n auto-hébergé.
L’interface française est-elle disponible ?
Zapier propose une interface partiellement traduite. Make est principalement en anglais avec quelques portions traduites. Pour une équipe non-anglophone, Make est plus exigeant linguistiquement — prévoir formation ou utiliser un membre d’équipe à l’aise en anglais comme administrateur.
Quelle est la garantie de pérennité de ces outils ?
Les deux sont financièrement solides (Zapier valorisé en milliards, Make racheté par Celonis en 2020). Mais aucun engagement long terme garanti — gardez la documentation de vos workflows pour faciliter une éventuelle migration future.
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Article mis à jour le 25 avril 2026. Pour signaler une erreur ou un changement tarifaire, écrivez-nous.