Il existe quatre manières différentes d’installer WordPress, chacune adaptée à un objectif distinct. Choisir la bonne méthode dès le départ vous évite de refaire le travail trois mois plus tard. Cet article explique quelle méthode utiliser selon votre situation, puis détaille chaque procédure étape par étape, en montrant ce qui se passe à chaque clic et pourquoi. À la fin, vous saurez quand préférer un installeur en un clic, quand l’installation manuelle vaut le détour, et quand passer en local ou sur VPS avec WP-CLI.
1 — Choisir la méthode adaptée
Avant de cliquer, posez-vous deux questions : qui va utiliser ce site (vous seul pour apprendre, des clients en production, une équipe de développement) et combien de sites allez-vous gérer (un seul, plusieurs).
| Votre situation | Méthode recommandée |
|---|---|
| Premier site WordPress, hébergement mutualisé acheté | Méthode 1 — installation en un clic via le panneau de l’hébergeur |
| Vous voulez comprendre en profondeur ce qui se passe sous le capot | Méthode 2 — installation manuelle via FTP + base SQL |
| Développement local, sans Internet, expérimentation libre | Méthode 3 — environnement local avec LocalWP ou Docker |
| Plusieurs sites, automatisation, contrôle total | Méthode 4 — VPS + WP-CLI |
Pour 80 % des cas (PME, freelance, blogueur), la méthode 1 sur un hébergement comme Hostinger Premium suffit. Le détail de cette procédure est couvert dans le guide Hostinger 2026 : on rappelle ici les autres méthodes pour ceux qui en ont besoin.
2 — Pré-requis communs aux quatre méthodes
Quelle que soit la méthode, WordPress 6.9 (publié décembre 2025) a besoin de :
- PHP 7.4 minimum, 8.2 ou 8.3 recommandé pour la performance et la sécurité
- MySQL 5.7 minimum (ou MariaDB 10.4) — privilégier MySQL 8 ou MariaDB 11
- HTTPS activé (Let’s Encrypt suffit)
- Module Apache
mod_rewriteou Nginx avectry_filespour les permaliens - Au moins 256 Mo de RAM PHP (
memory_limit) et idéalement 512 Mo
Sur les hébergements actuels (Hostinger, OVH, O2Switch, Hetzner), ces pré-requis sont remplis par défaut. En auto-hébergement sur VPS, vous configurez vous-même ces paramètres.
3 — Méthode 1 : installation en un clic
L’hébergeur fournit un installeur (Softaculous sur cPanel, Auto Installer sur Hostinger hPanel, équivalent OVH) qui crée la base de données, télécharge les fichiers, écrit le wp-config.php et lance la première configuration.
Le geste minimal sur Hostinger hPanel :
- Tableau de bord du domaine > « Auto Installer » > choisir WordPress.
- Sélectionner le domaine cible (par exemple
maboutique.sn). - Saisir le nom du site, l’email administrateur, le nom d’utilisateur et le mot de passe admin. Ne laissez jamais « admin » comme nom d’utilisateur : c’est la cible n°1 des attaques par force brute.
- Cliquer « Installer ». L’opération prend 30 à 90 secondes.
- Visiter
https://votre-domaine.sn/wp-adminpour vérifier la connexion.
Ce que l’installeur a fait sous le capot, en clair :
- Créé une base de données MySQL avec un nom et un utilisateur dédiés.
- Téléchargé les fichiers WordPress depuis wordpress.org/latest.zip et les a extraits dans le dossier public.
- Généré un fichier
wp-config.phpavec les identifiants base de données et des clés de salage uniques (cryptographiques). - Lancé l’installeur web qui a créé l’utilisateur admin et inscrit les options par défaut dans la table
wp_options.
4 — Méthode 2 : installation manuelle (pour apprendre)
Cette méthode est plus longue mais pédagogique : à la fin, vous savez exactement ce qu’est WordPress sur un disque et dans une base.
Étape A — Créer la base de données
Sur cPanel ou hPanel, ouvrir l’outil « MySQL Databases » et créer trois choses :
- Une base de données nommée par exemple
maboutique_wp. - Un utilisateur MySQL avec un mot de passe fort (24 caractères aléatoires). Notez ces identifiants.
- Associer l’utilisateur à la base avec tous les privilèges sauf
GRANT.
Pourquoi un utilisateur dédié ? Si WordPress est compromis, l’attaquant n’a accès qu’à cette base, pas aux autres sites du même hébergement.
Étape B — Télécharger et uploader WordPress
wget https://fr.wordpress.org/latest-fr_FR.tar.gz
tar -xzf latest-fr_FR.tar.gz
# Le dossier wordpress/ contient maintenant tous les fichiers
cd wordpress
# Uploader le contenu vers public_html via FTP/SFTP
Le résultat : votre dossier public web (typiquement public_html chez les hébergeurs mutualisés) contient les fichiers index.php, wp-admin/, wp-content/, wp-includes/, etc. C’est l’arborescence standard de WordPress, identique sur tous les sites.
Étape C — Lancer l’installation web
Visitez https://votre-domaine.sn/ dans le navigateur. WordPress détecte qu’il n’y a pas de wp-config.php et affiche le formulaire de configuration.
Saisir :
- Nom de la base de données (créée à l’étape A)
- Nom d’utilisateur MySQL et mot de passe (étape A)
- Nom d’hôte :
localhostdans la majorité des cas, parfois indiqué autrement par l’hébergeur - Préfixe des tables :
wp_par défaut. Astuce sécurité : remplacer par un préfixe aléatoire (par ex.wp7k2_) gêne les attaques génériques par injection SQL.
WordPress génère wp-config.php, demande le titre du site, l’utilisateur admin et le mot de passe, puis vous arrivez sur le tableau de bord.
5 — Méthode 3 : installation locale pour développement
Travailler en local est utile pour tester un thème, un plugin, ou former un client sans risquer le site en production. Deux outils dominent en 2026 : LocalWP (gratuit, made by WP Engine) et Docker.
Option A — LocalWP (le plus simple)
Téléchargez l’installeur sur localwp.com pour Windows, macOS ou Linux. Après installation, créer un site se fait en trois clics :
- « Create a new site » > nommer le site (ex.
test-boutique). - Choisir l’environnement : « Preferred » pour les valeurs par défaut PHP 8.2 + nginx + MariaDB. « Custom » pour aligner avec votre serveur de production.
- Saisir l’utilisateur admin et le mot de passe.
LocalWP démarre un environnement isolé (PHP, MySQL, Nginx) et expose le site sur http://test-boutique.local. Le bouton « Open site » lance le site, « Admin » ouvre le tableau de bord WordPress. Tout est local : aucune donnée ne quitte votre ordinateur.
Option B — Docker (pour les développeurs)
Si vous travaillez déjà avec Docker, un docker-compose.yml minimal :
services:
db:
image: mariadb:11
environment:
MYSQL_ROOT_PASSWORD: root
MYSQL_DATABASE: wordpress
MYSQL_USER: wp
MYSQL_PASSWORD: wp
volumes: [db_data:/var/lib/mysql]
wp:
image: wordpress:latest
ports: ["8080:80"]
environment:
WORDPRESS_DB_HOST: db:3306
WORDPRESS_DB_USER: wp
WORDPRESS_DB_PASSWORD: wp
WORDPRESS_DB_NAME: wordpress
volumes: [wp_data:/var/www/html]
volumes:
db_data:
wp_data:
Lancer avec docker compose up -d. Le site est accessible sur http://localhost:8080. L’avantage Docker : vous reproduisez exactement la même version PHP/MySQL que votre serveur, et vous pouvez versionner la configuration dans Git.
6 — Méthode 4 : VPS et WP-CLI
Pour gérer plusieurs sites ou pour automatiser, l’installation via WP-CLI sur un VPS Hetzner ou Hostinger VPS prend quelques commandes.
Pré-requis : VPS Linux (Ubuntu 24.04, Debian 12), nginx ou Apache, PHP 8.2, MySQL/MariaDB. Ensuite :
# Installer WP-CLI une fois pour toute
curl -O https://raw.githubusercontent.com/wp-cli/builds/gh-pages/phar/wp-cli.phar
chmod +x wp-cli.phar
sudo mv wp-cli.phar /usr/local/bin/wp
wp --info # vérification
# Installation d'un nouveau site
sudo mkdir -p /var/www/maboutique.sn
sudo chown -R www-data:www-data /var/www/maboutique.sn
cd /var/www/maboutique.sn
# 1. Télécharger WordPress
sudo -u www-data wp core download --locale=fr_FR
# 2. Créer wp-config.php (la BDD doit déjà exister)
sudo -u www-data wp config create \
--dbname=maboutique_wp \
--dbuser=wp_user \
--dbpass=$(openssl rand -base64 24) \
--dbhost=localhost
# 3. Installer WordPress
sudo -u www-data wp core install \
--url="https://maboutique.sn" \
--title="Ma Boutique" \
--admin_user=admin_mb \
--admin_password=$(openssl rand -base64 16) \
--admin_email=admin@maboutique.sn
# 4. Activer un thème
sudo -u www-data wp theme activate twentytwentysix
Comparé à l’interface graphique, vous avez fait l’équivalent d’une installation complète en moins de 30 secondes, scriptable et reproductible. Pour 10 sites identiques, le gain de temps est considérable. Voir l’article déployer avec Ansible pour automatiser la création de plusieurs sites WordPress.
7 — Les cinq actions immédiates après l’installation
Quelle que soit la méthode, faites ces cinq choses dans la première heure :
- Changer le slogan par défaut « Un autre site WordPress » dans Réglages > Général.
- Choisir les permaliens « Nom de l’article » dans Réglages > Permaliens (URLs lisibles, meilleur SEO).
- Activer HTTPS et forcer la redirection — la plupart des hébergeurs le proposent en un clic depuis 2023.
- Installer un plugin de sécurité minimal : Solid Security ou Wordfence, configurés pour 2FA admin et limitation des tentatives de connexion.
- Créer un compte d’utilisateur de rôle « Editor » pour la rédaction quotidienne, et utiliser le compte « Administrator » uniquement pour les opérations techniques.
8 — Erreurs fréquentes et leur cause
| Symptôme | Cause probable | Solution |
|---|---|---|
| « Error establishing a database connection » | Identifiants MySQL incorrects dans wp-config.php | Vérifier nom BDD, utilisateur, mot de passe, hôte |
| Page blanche | Erreur PHP fatale, mémoire insuffisante | Activer WP_DEBUG dans wp-config, augmenter memory_limit |
| « This site can’t be reached » | DNS non propagé ou mauvais | Attendre 1-24h, vérifier DNS sur dnschecker.org |
| Permalinks 404 | mod_rewrite désactivé (Apache) ou config nginx absente | Activer mod_rewrite ou ajouter try_files |
| HTTPS qui boucle | WordPress sait HTTPS mais reverse proxy envoie HTTP | Ajouter $_SERVER['HTTPS']='on'; en haut de wp-config.php |