Développement Mobile

Installer Flutter SDK et configurer son environnement de développement

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Avant d’écrire la moindre ligne de Dart, l’environnement Flutter doit être propre, complet et reproductible. Ce tutoriel vous accompagne pas à pas dans l’installation de Flutter 3.41 et Dart 3.11, la configuration d’Android Studio, l’acceptation des licences SDK, et la mise en route d’un premier projet exécuté sur un émulateur Android. À la fin, flutter doctor ne signalera plus aucune erreur et vous serez prêt à attaquer du code applicatif.

📖 Guide principal : Flutter 3 et Dart 3 pour le développement mobile cross-platform — pour la vue d’ensemble du framework, l’architecture interne et les choix d’outils, commencez par cette page.

Prérequis

  • Système d’exploitation : Windows 10 1903+ (64 bits), macOS 12 Monterey ou plus récent, ou une distribution Linux 64 bits récente (Ubuntu 22.04 LTS recommandé).
  • 16 Go de RAM conseillés (8 Go minimum) et au moins 40 Go d’espace disque libre — l’ensemble SDK Flutter + Android Studio + SDK Android + émulateur consomme rapidement 25 à 35 Go.
  • Git installé et accessible dans le PATH.
  • Connexion internet stable pour télécharger ~3 Go de dépendances.
  • Niveau : débutant à intermédiaire. Aucune connaissance préalable de Dart n’est requise.
  • Temps estimé : 90 à 120 minutes selon votre débit réseau.

Étape 1 — Vérifier la présence de Git et préparer le dossier d’installation

Flutter télécharge ses propres outils, mais il s’appuie sur Git pour gérer les mises à jour de la branche stable. Avant tout, il faut donc s’assurer que Git est présent. Sur Windows, l’installeur officiel Git for Windows ajoute automatiquement git au PATH ; sur macOS, les Xcode Command Line Tools apportent Git ; sur Linux, le paquet est dans tous les dépôts standards.

Ouvrez un terminal — PowerShell sur Windows, Terminal sur macOS, votre shell habituel sur Linux — et vérifiez la version de Git :

git --version

Vous devez voir un numéro de version supérieur ou égal à 2.40 (Flutter n’exige pas de version précise, mais les Git anciens posent parfois des soucis avec les shallow clones). Si la commande retourne « command not found », installez Git d’abord : git-scm.com/downloads, puis fermez et rouvrez votre terminal.

Préparez ensuite le dossier qui hébergera le SDK. La règle d’or : aucun espace, aucun caractère accentué, aucun privilège élevé requis. Le chemin C:src lutter sur Windows ou ~/development/flutter sur macOS/Linux fait parfaitement l’affaire. Évitez C:Program Files (droits administrateur), OneDrive ou iCloud (synchronisation qui interfère avec les locks de fichiers).

# Linux / macOS
mkdir -p ~/development
# Windows PowerShell
New-Item -ItemType Directory -Force -Path C:src

Le dossier de destination est créé. Notez son chemin absolu — vous en aurez besoin pour le PATH.

Étape 2 — Télécharger et extraire le SDK Flutter

Le SDK est livré sous forme d’archive autonome, sans installeur, sans service système, sans dépendance externe au-delà de Git. Vous récupérez l’archive correspondant à votre OS et CPU, vous la décompressez dans le dossier préparé, et c’est fini — il n’y a pas de variables d’environnement complexes à gérer.

Rendez-vous sur la page officielle docs.flutter.dev/install et choisissez votre système. Au moment de cette rédaction, le canal stable propose Flutter 3.41, accompagné de Dart 3.11. Téléchargez l’archive (≈ 1,2 Go sur Windows, ≈ 800 Mo sur macOS, ≈ 700 Mo sur Linux).

Extrayez ensuite l’archive directement dans le dossier préparé :

# Windows PowerShell
Expand-Archive -Path $env:USERPROFILEDownloadslutter_windows_3.41.X-stable.zip `
  -DestinationPath C:src
# macOS (Intel ou Apple Silicon, l'archive est universal)
unzip ~/Downloads/flutter_macos_3.41.X-stable.zip -d ~/development/

# Linux
tar -xf ~/Downloads/flutter_linux_3.41.X-stable.tar.xz -C ~/development/

L’extraction prend quelques minutes — c’est un dépôt Git complet de plusieurs centaines de milliers de fichiers. À la fin, vous devez avoir un dossier flutter/ contenant bin/, packages/, dev/ et un .git/. Vérifiez rapidement :

ls ~/development/flutter/bin   # Linux/macOS
dir C:srclutterin          # Windows

Vous devez voir entre autres les exécutables flutter, flutter.bat, dart et dart.bat. C’est le cœur du SDK.

Étape 3 — Ajouter Flutter au PATH

Pour que la commande flutter soit reconnue depuis n’importe quel terminal, son dossier bin/ doit être ajouté au PATH de l’utilisateur. La méthode varie selon l’OS et le shell.

Sur Windows, ouvrez Modifier les variables d’environnement de votre compte via la recherche Windows. Dans la section Variables utilisateur, sélectionnez Path, cliquez Modifier, puis Nouveau, et collez le chemin complet C:src lutterin. Validez. Fermez puis rouvrez votre terminal — la session précédente n’aura pas pris en compte le changement.

Sur macOS, votre shell par défaut depuis macOS Catalina est zsh. Ajoutez une ligne à votre ~/.zprofile :

echo 'export PATH="$HOME/development/flutter/bin:$PATH"' >> ~/.zprofile
source ~/.zprofile

Sur Linux, identifiez votre shell puis ajoutez la ligne au fichier d’init correspondant :

# Bash
echo 'export PATH="$HOME/development/flutter/bin:$PATH"' >> ~/.bashrc
source ~/.bashrc

# Zsh
echo 'export PATH="$HOME/development/flutter/bin:$PATH"' >> ~/.zshenv
source ~/.zshenv

# Fish
fish_add_path -g -p ~/development/flutter/bin

Vérifiez que la commande est désormais reconnue :

flutter --version

Vous devez voir s’afficher la version Flutter (3.41), la version du framework, l’engine, Dart, DevTools, et le canal stable. Si la commande échoue avec « command not found », c’est que le PATH n’a pas été rechargé — ouvrez une nouvelle fenêtre de terminal.

Étape 4 — Installer Android Studio et le SDK Android

Pour cibler Android, vous avez besoin du SDK Android, du SDK Platform Tools, d’au moins une plateforme API, et d’un émulateur. Le plus simple est de tout installer en une fois via Android Studio, qui embarque le SDK Manager graphique. C’est plus lourd qu’une installation manuelle des command-line tools, mais beaucoup moins source d’erreurs pour démarrer.

Téléchargez Android Studio depuis developer.android.com/studio et installez-le avec les options par défaut. Au premier lancement, l’assistant propose d’installer le SDK Android — acceptez. Sélectionnez l’installation Standard.

Une fois Android Studio ouvert, vérifiez la composition du SDK : More ActionsSDK Manager. Dans l’onglet SDK Platforms, cochez Android 15 (API level 35) — c’est le niveau d’API minimum requis par Google Play depuis le 31 août 2025 pour toute nouvelle publication ou mise à jour. Si Android 16 (API 36) est disponible, cochez-le également ; il sera bientôt requis.

Dans l’onglet SDK Tools, assurez-vous que ces composants sont installés (cocher si absent) :

  • Android SDK Build-Tools
  • Android SDK Command-line Tools (latest)
  • Android Emulator
  • Android SDK Platform-Tools

Cliquez Apply. Android Studio télécharge plusieurs gigaoctets — soyez patient sur une connexion lente, c’est généralement la phase la plus longue de toute l’installation.

Étape 5 — Accepter les licences Android

Le SDK Android impose d’accepter ses licences avant que Flutter puisse compiler quoi que ce soit. C’est un blocage classique : flutter build apk ou flutter run échouent avec un message du type « You have not accepted the license agreements ». La commande dédiée traite tout en une fois.

flutter doctor --android-licenses

Le script vous présente chaque licence et attend votre validation. Tapez y pour accepter, jusqu’au message final All SDK package licenses accepted. C’est une étape obligatoire et non reversible — vous acceptez les conditions de Google pour l’usage de leur SDK. Si la commande ne trouve pas le SDK Android, c’est qu’Android Studio a installé le SDK dans un emplacement non-standard ; configurez la variable d’environnement ANDROID_HOME en conséquence (chemin classique : ~/Library/Android/sdk sur macOS, ~/Android/Sdk sur Linux, %LOCALAPPDATA%AndroidSdk sur Windows).

Étape 6 — Installer VS Code et l’extension Flutter (recommandé)

Android Studio est suffisant pour développer en Flutter, mais beaucoup d’équipes préfèrent VS Code pour son démarrage rapide et sa légèreté. Les deux IDE sont équivalents en pratique : intégration du débogueur, hot reload, refactoring, support natif Dart. Choisissez celui où vous êtes le plus à l’aise — vous pouvez aussi utiliser les deux en parallèle.

Téléchargez VS Code depuis code.visualstudio.com, installez-le, puis ajoutez deux extensions essentielles depuis la palette Extensions :

  • Flutter (publisher Dart-Code.flutter) — fournit l’intégration complète : commandes, hot reload, lancement d’émulateur, debug.
  • Dart — installée automatiquement comme dépendance par l’extension Flutter, mais à vérifier.

Une fois l’extension active, VS Code détecte automatiquement Flutter via votre PATH. Vous pouvez alors créer un projet depuis la palette de commandes : Ctrl+Maj+P puis tapez Flutter: New Project.

Étape 7 — Lancer flutter doctor et corriger les avertissements restants

La commande flutter doctor est le test de validation de votre installation. Elle inspecte le SDK, les outils Android, l’IDE, les licences, les émulateurs disponibles, et liste pour chaque catégorie ce qui est OK et ce qui manque. C’est aussi votre premier réflexe quand quelque chose ne fonctionne pas dans un projet.

flutter doctor -v

Le drapeau -v (verbose) donne le détail complet, indispensable pour comprendre pourquoi telle ou telle case n’est pas verte. Une sortie saine ressemble à :

[✓] Flutter (Channel stable, 3.41.X, on ...)
[✓] Android toolchain - develop for Android devices (Android SDK version 35.0.0)
[✓] Android Studio (version 2025.1)
[✓] VS Code (version 1.96.x)
[✓] Connected device (1 available)
[✓] Network resources

• No issues found!

Si une case est rouge ou orange, lisez attentivement le message — Flutter indique presque toujours la commande exacte à exécuter pour résoudre le problème. Les classiques : licences non acceptées (retour à l’étape 5), cmdline-tools manquants (à installer via SDK Manager), JDK obsolète (Android Studio récent embarque son propre JDK 21 depuis la version Ladybug d’octobre 2024 ; les versions antérieures embarquaient JDK 17 — ne pas surcharger JAVA_HOME sauf raison précise).

Étape 8 — Créer un premier projet et lancer un émulateur Android

Tout est en place, validons par un test concret. Créez un projet vierge :

cd ~/development
flutter create hello_flutter
cd hello_flutter

Flutter scaffolde un projet complet avec une page d’accueil, un compteur, et toute la configuration pour Android et iOS. La structure mérite d’être notée : lib/main.dart contient votre point d’entrée Dart, android/ et ios/ contiennent les wrappers natifs spécifiques à chaque plateforme, pubspec.yaml déclare les dépendances.

Lancez maintenant un émulateur Android. Depuis Android Studio, ouvrez le Device Manager et créez un Pixel 7 API 35 avec image système recommandée. Une fois l’émulateur démarré, retournez au terminal et lancez :

flutter devices

Vous devez voir l’émulateur listé avec son ID. Puis exécutez l’application :

flutter run

La première compilation prend une à deux minutes (Flutter télécharge les artefacts impeller, configure Gradle, build l’APK debug). À la fin, l’application apparaît dans l’émulateur. Modifiez le titre par défaut 'Flutter Demo Home Page' dans lib/main.dart en quelque chose d’unique, sauvegardez, et observez le hot reload : votre changement apparaît en moins de 500 millisecondes sans relancer l’application. C’est ce qui fait l’agrément de Flutter au quotidien.

Erreurs fréquentes

Erreur Cause Solution
flutter: command not found PATH non rechargé ou mal configuré. Ouvrir un nouveau terminal. Vérifier echo $PATH (Linux/macOS) ou $env:PATH (PowerShell).
You have not accepted the license agreements Licences Android SDK non validées. Relancer flutter doctor --android-licenses et répondre y à toutes les invites.
Unable to locate Android SDK Variable ANDROID_HOME absente ou erronée. Exporter ANDROID_HOME vers le chemin SDK : ~/Library/Android/sdk (macOS), ~/Android/Sdk (Linux), %LOCALAPPDATA%AndroidSdk (Windows).
Hot reload ne fonctionne pas Modification d’un widget marqué const sans recompilation, ou changement du main(). Utiliser r dans le terminal de flutter run pour hot reload, R pour hot restart complet.
Émulateur très lent Accélération matérielle désactivée (HAXM/Hyper-V/KVM). Activer la virtualisation dans le BIOS. Sur Linux installer qemu-kvm. Sur Windows activer Windows Hypervisor Platform.
Build Gradle échoue JDK incompatible avec la version Gradle utilisée. Désactiver JAVA_HOME si vous avez installé un JDK séparé. Android Studio embarque le JDK qu’il faut.

Tutoriels associés

Foire aux questions

Faut-il installer Xcode pour développer en Flutter sur Mac ?

Uniquement si vous ciblez iOS. Pour Android, les Command Line Tools (xcode-select --install) suffisent. Xcode complet pèse 15 Go et n’est utile que pour signer et builder une application iOS.

Quelle version de JDK utiliser ?

Android Studio embarque son propre JDK : 17 LTS pour les versions jusqu’à Koala (2024.1), et 21 LTS à partir de Ladybug (2024.2, octobre 2024). Ne le remplacez pas via JAVA_HOME sauf si vous savez pourquoi vous le faites. La plupart des bugs Gradle « JDK incompatible » viennent d’un JAVA_HOME qui pointe vers un JDK 8 ou 11 obsolète.

Peut-on utiliser Flutter sans Android Studio ?

Oui, à condition d’installer manuellement les cmdline-tools Android et le SDK via sdkmanager. C’est plus léger (économie de 4 à 5 Go) mais plus délicat à mettre en place. Pour démarrer, gardez Android Studio.

Flutter pour iOS sans Mac, c’est possible ?

Vous pouvez écrire et compiler du code Flutter sur Windows ou Linux, mais le build et la signature iOS finaux exigent macOS et Xcode. Des services CI comme Codemagic ou GitHub Actions avec runner macOS contournent le besoin d’avoir un Mac physique.

L’émulateur consomme énormément de RAM, est-ce normal ?

Oui, un émulateur Android tourne dans une vraie machine virtuelle et consomme entre 2 et 4 Go de RAM selon la configuration. Sur une machine modeste, branchez plutôt un téléphone Android en USB en activant le mode développeur et le débogage USB : Flutter le détecte directement avec flutter devices et le build est plus rapide.

Comment mettre à jour Flutter ?

La commande flutter upgrade récupère la dernière version du canal stable. flutter channel beta permet de passer sur le canal beta pour tester les futures stable, mais ce n’est jamais une bonne idée en production. Pour figer une version précise dans un projet, utilisez fvm (Flutter Version Manager) qui permet de gérer plusieurs SDK en parallèle.

Ressources officielles

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