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Installer Red Hat Enterprise Linux 10 pas à pas

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📍 Article principal : RHCSA EX200 v10 : la voie d’entrée Linux entreprise
Cet article fait partie d’une série de tutoriels pratiques alignés sur l’examen EX200 et la version 10 de RHEL.

Installer Red Hat Enterprise Linux 10 reste l’étape de bascule pour qui veut s’entraîner sérieusement à l’examen RHCSA. L’installeur Anaconda a beaucoup évolué entre RHEL 7 et RHEL 10, et plusieurs réflexes hérités d’anciennes générations ne tiennent plus. Le partitionnement automatique propose désormais XFS sur LVM par défaut, l’écran Software Selection ne liste plus aucun module de stream, et la souscription développeur s’enregistre via une commande unique après le premier démarrage. Ce tutoriel détaille l’installation pas à pas pour une station d’entraînement RHCSA, dans une machine virtuelle ou sur un serveur physique modeste.

Prérequis avant de commencer

  • Une machine hôte avec au moins 8 Go de RAM et 50 Go d’espace libre si l’on veut deux machines virtuelles RHEL côte à côte.
  • Un compte Red Hat Developer gratuit, créé sur developers.redhat.com/register avant l’installation pour ne pas être bloqué au moment de l’enregistrement.
  • Un hyperviseur installé : VirtualBox, KVM/virt-manager sur une distribution Linux, ou Hyper-V sur Windows 11 Pro.
  • Une clé USB de 16 Go au minimum si l’installation cible une machine physique, ou simplement le fichier ISO si l’on installe en machine virtuelle.
  • Niveau attendu : débutant Linux, à l’aise avec un terminal basique. Temps estimé : 60 à 90 minutes pour la première installation, 25 à 35 minutes pour les suivantes.

Étape 1 — Choisir l’image officielle adaptée

Red Hat publie deux images d’installation pour chaque version de RHEL 10. La Binary DVD, autour de 8 Go, embarque tous les paquets de base et permet une installation sans réseau. La Boot ISO, environ 820 Mo, démarre l’installeur puis télécharge les paquets depuis les dépôts Red Hat à la volée. Pour un poste d’entraînement RHCSA stable, l’image DVD complète reste la plus sûre : elle évite de dépendre de la qualité du lien internet pendant l’installation et permet d’enchaîner plusieurs réinstallations sans nouveau téléchargement. La Boot ISO se justifie quand on dispose d’un cache miroir local ou d’un lien fibre symétrique.

Le téléchargement passe par le portail Red Hat Developer après authentification. La page Download liste l’ISO RHEL 10 pour x86_64 et aarch64. Une fois le fichier obtenu, on vérifie son intégrité avec la somme SHA-256 publiée par Red Hat sur la même page :

sha256sum rhel-10.0-x86_64-dvd.iso

La valeur retournée doit correspondre exactement à celle annoncée sur le portail. Une divergence indique un téléchargement corrompu, fréquent sur des liens instables, ou un fichier d’origine douteuse récupéré depuis une source non officielle. Le candidat RHCSA prend le réflexe de vérifier toutes les ISO système avant de les graver.

Étape 2 — Préparer le support d’installation

Pour une machine virtuelle, aucune préparation n’est nécessaire : l’hyperviseur monte directement le fichier ISO. Pour une machine physique, il faut écrire l’image sur une clé USB. La méthode universelle sous Linux utilise dd en root, après identification précise de la clé pour ne pas écraser un autre disque :

lsblk
sudo dd if=rhel-10.0-x86_64-dvd.iso of=/dev/sdX bs=4M status=progress oflag=direct
sudo sync

Le X dans /dev/sdX doit être remplacé par la lettre exacte de la clé USB, jamais par celle du disque système. Une erreur sur ce point efface complètement la machine hôte. Sur Windows ou macOS, l’outil graphique balenaEtcher propose la même opération avec une vérification d’intégrité après écriture, ce qui réduit le risque opérateur. Une fois l’écriture terminée et la commande sync retournée, la clé est prête à booter.

Étape 3 — Démarrer sur l’installeur Anaconda

Au démarrage de la machine sur l’image, le menu GRUB de l’installeur propose trois entrées : Install Red Hat Enterprise Linux 10, Test this media & install Red Hat Enterprise Linux 10, et Troubleshooting. La deuxième entrée vérifie l’intégrité du média avant de lancer l’installeur ; sur une clé USB ou un lien internet douteux, elle ajoute cinq minutes mais épargne les surprises en cours d’installation. La première entrée saute la vérification et reste recommandée quand on a déjà validé le SHA-256 manuellement.

L’installeur Anaconda démarre alors en mode graphique. Sur les serveurs sans carte vidéo récente ou en console série, on peut forcer le mode texte en éditant l’entrée GRUB avec la touche e et en ajoutant inst.text à la ligne du noyau. L’écran d’accueil propose la sélection de la langue ; pour un sysadmin qui prépare RHCSA, sélectionner English (United States) aide à se familiariser avec la terminologie qui apparaîtra le jour de l’examen.

Étape 4 — Configurer la langue, le clavier et la zone horaire

L’écran principal d’Anaconda regroupe l’ensemble des paramètres en sections cliquables. Trois sections concernent la localisation : Keyboard, Language Support et Time & Date. Le clavier français AZERTY se sélectionne sous Keyboard en ajoutant French (variant azerty) et en le plaçant en première position. Sous Time & Date, choisir une zone horaire africaine ou européenne adaptée et cocher Network Time pour activer la synchronisation NTP via chronyd dès le premier démarrage.

Une fois ces paramètres ajustés, les pastilles latérales passent au vert. Anaconda interdit le passage à l’étape suivante tant qu’une pastille reste rouge, ce qui guide l’utilisateur sur les sections obligatoires.

Étape 5 — Source d’installation et sélection logicielle

La section Installation Source détecte automatiquement l’image DVD montée et n’exige aucune intervention dans 99 % des cas. Si l’on installe via la Boot ISO, c’est ici que l’on saisit l’URL du dépôt — typiquement https://cdn.redhat.com avec authentification, ou un miroir local pour gagner du débit.

La section Software Selection propose plusieurs profils. Pour un poste d’entraînement RHCSA, deux choix sont défendables. Server installe un système sans interface graphique, plus léger et plus représentatif des machines de production. Workstation ajoute GNOME et permet d’utiliser la console Cockpit confortablement. Le candidat qui veut s’habituer au minimum vital choisit Minimal Install et installe les outils manquants au fur et à mesure avec dnf. C’est la voie la plus pédagogique pour préparer EX200, parce qu’elle force à connaître les noms des paquets.

Étape 6 — Configurer le partitionnement

La section Installation Destination liste les disques disponibles. On sélectionne le disque cible — typiquement sda ou vda en virtualisation —, on coche Custom au lieu de Automatic, et on clique Done pour entrer dans l’éditeur de partitions. Le partitionnement automatique RHEL 10 propose XFS sur LVM avec /boot de 1 Go en standard, swap proportionnel à la RAM et le reste sur / ; pour s’entraîner aux scénarios RHCSA, on définit manuellement les volumes :

# Schéma typique pour un poste d'entraînement
/boot      1024 MiB   xfs    standard partition
/boot/efi   600 MiB   vfat   standard partition (sur UEFI)
/           10 GiB    xfs    LVM, vg=rhel
/home        4 GiB    xfs    LVM, vg=rhel
swap         2 GiB    swap   LVM, vg=rhel

Cette disposition reproduit le partitionnement le plus courant en production. Les volumes logiques restent extensibles, ce qui est exactement ce que le candidat manipulera dans le tutoriel stockage. Anaconda affiche un récapitulatif et demande confirmation avant d’écrire les changements.

Étape 7 — Configurer le réseau et le hostname

La section Network & Host Name active l’interface principale, configure DHCP par défaut et permet de définir le nom d’hôte. On bascule l’interrupteur Off → On pour activer la carte ; sans cette manipulation, la machine démarre sans IP et l’enregistrement Red Hat échoue immédiatement après. Le hostname suit la convention nom.domaine.tld, par exemple rhcsa-lab1.local, ce qui évite les avertissements localhost dans /etc/hosts.

Le bouton Configure ouvre l’éditeur NetworkManager intégré et permet de fixer une adresse IP statique. Pour un poste d’entraînement à plusieurs VM, fixer les IP rend les exercices SSH et NFS plus fiables qu’avec un DHCP qui change selon les redémarrages.

Étape 8 — Définir le mot de passe root et l’utilisateur principal

La section Root Password exige un mot de passe robuste depuis RHEL 9. Anaconda refuse les mots de passe faibles sauf à cliquer deux fois sur Done pour passer outre. La case Allow root SSH login with password reste décochée par défaut sur RHEL 10, conformément aux bonnes pratiques. La section User Creation crée un utilisateur administrateur avec, idéalement, la case Make this user administrator activée — elle ajoute automatiquement l’utilisateur au groupe wheel qui dispose des droits sudo via la configuration par défaut.

Étape 9 — Lancer l’installation et premier démarrage

Toutes les pastilles vertes, on clique Begin Installation. L’installation copie les paquets sélectionnés et écrit la configuration système. Sur une machine virtuelle moderne avec SSD, le profil Server termine en sept à dix minutes. Une fois la barre de progression à 100 %, l’installeur invite à redémarrer ; on retire l’ISO ou la clé USB pour ne pas relancer l’installeur, puis on confirme.

Au premier démarrage, RHEL 10 affiche l’écran de connexion graphique en cas d’installation Workstation, ou directement la console tty1 en mode Server. On se connecte avec l’utilisateur administrateur créé à l’étape 8, jamais directement en root.

Étape 10 — Enregistrer le système chez Red Hat

L’enregistrement déverrouille les dépôts officiels et permet d’installer dnf updates. La commande standard demande les identifiants Red Hat Developer :

sudo subscription-manager register --username votre_login_redhat
# Le mot de passe est demandé en interactif
sudo subscription-manager refresh

La sortie attendue confirme l’enregistrement avec un identifiant de système et la liste des dépôts disponibles. Depuis la généralisation du Simple Content Access (SCA) sur les comptes Red Hat fin 2025, la commande subscription-manager attach n’est plus nécessaire et a été retirée de RHEL 10 : un simple register suffit pour activer les dépôts. La souscription Red Hat Developer Individual offre désormais 16 entitlements, suffisants pour gérer tout un parc d’entraînement personnel sans coût. Une fois l’enregistrement validé, on peut lancer la première mise à jour :

sudo dnf upgrade -y
sudo dnf install -y vim bash-completion tmux

Cette mise à jour rapporte tous les correctifs publiés depuis la sortie de l’image et installe trois outils que tout candidat RHCSA finira par utiliser quotidiennement.

Étape 11 — Vérifier l’installation

Cinq commandes valident une installation propre et identifient instantanément les écarts à corriger :

cat /etc/redhat-release          # Doit afficher Red Hat Enterprise Linux release 10.x
uname -r                          # Noyau ; doit commencer par 6.12 sur RHEL 10
sudo subscription-manager status  # Doit retourner Overall Status: Current
sestatus                          # SELinux doit être enforcing, targeted
systemctl is-active firewalld     # Doit retourner active

Si sestatus retourne permissive ou disabled, le poste a été modifié avant la fin de l’installation : c’est rare et indique une intervention manuelle à corriger. Si subscription-manager status retourne Unknown, l’enregistrement n’a pas abouti — on relance la commande register de l’étape 10. Une fois ces cinq sorties conformes, l’installation est validée et le poste prêt pour les tutoriels suivants.

Erreurs fréquentes

Erreur Cause Solution
Anaconda bloqué sur Begin Installation Une pastille rouge invisible — souvent Installation Destination qui demande une confirmation Re-cliquer chaque section, valider explicitement les disques cibles.
Réseau absent au premier démarrage L’interrupteur Network n’a pas été activé pendant l’installation Activer la connexion avec nmcli connection up nom-connexion et créer un keyfile durable.
subscription-manager register retourne HTTP 401 Confusion entre identifiant Red Hat et adresse e-mail Utiliser le login Customer Portal, jamais l’e-mail. Vérifier sur le portail.
Espace disque insuffisant en cours d’installation Sélection Server with GUI sur un disque de 15 Go Repartitionner ou choisir Minimal Install. RHEL 10 demande 10 Gio en minimal, Red Hat recommande 20 Gio pour Server et 40 Gio pour un profil graphique.
Clavier QWERTY après reboot Le réglage clavier n’a pas été placé en première position dans Keyboard Modifier avec localectl set-keymap fr puis se reconnecter.

Adaptation aux infrastructures à bande passante limitée

Dans les environnements où la connexion internet plafonne à quelques mégabits par seconde, le téléchargement de l’ISO de 8 Go peut prendre plusieurs heures. Trois pratiques aident à fiabiliser le processus. La première consiste à télécharger l’ISO via un client capable de reprendre les transferts interrompus, comme wget --continue ou curl --continue-at -, plutôt qu’un navigateur web qui repart à zéro à chaque déconnexion. La deuxième consiste à conserver l’ISO sur un disque externe et à la cloner par USB pour les machines suivantes, sans repasser par le réseau. La troisième consiste à utiliser un mirroir RPM local dnf reposync sur la première machine, puis à pointer les suivantes vers ce mirroir interne.

Pour les pannes électriques fréquentes, configurer chronyd dès l’installation évite les dérives d’horloge qui invalident subscription-manager en cas de coupure prolongée. Un petit onduleur d’entrée de gamme couvrant dix à quinze minutes d’autonomie suffit à terminer une installation en cours sans corruption.

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Questions fréquentes

Peut-on installer RHEL 10 sur du matériel ARM ?

Oui, Red Hat publie une image officielle pour aarch64 utilisable sur les serveurs ARM, les Raspberry Pi compatibles et les instances cloud ARM (AWS Graviton, Oracle Ampere). La procédure d’installation reste identique, à condition d’utiliser l’image rhel-10.0-aarch64-dvd.iso au lieu de la version x86_64.

L’installation Minimal suffit-elle pour préparer RHCSA ?

Oui. Le profil Minimal Install couvre la totalité des sujets EX200 et oblige à apprendre les noms des paquets, ce qui constitue une excellente préparation. Les outils manquants s’installent à la demande avec dnf install.

Comment passer plus tard à un environnement graphique ?

Depuis une installation Minimal, on installe le groupe Server with GUI avec dnf groupinstall "Server with GUI" puis on bascule la cible par défaut avec systemctl set-default graphical.target et un redémarrage.

Que faire si l’installation refuse mon disque cible ?

Vérifier que le disque n’a pas une table de partitions DOS hybride incompatible. La commande wipefs -a /dev/sdX exécutée depuis le shell de secours d’Anaconda (Ctrl+Alt+F2) nettoie les signatures résiduelles. Réessayer ensuite l’installation depuis le début.

Combien de temps la souscription développeur reste-t-elle valide ?

La souscription Red Hat Developer Individual se renouvelle automatiquement tant que le compte reste actif. En pratique, il faut se reconnecter sur le portail Red Hat Developer une fois par an et accepter les conditions d’utilisation pour maintenir l’accès aux 16 entitlements gratuits.

Faut-il chiffrer le disque pendant l’installation ?

Pour un poste d’entraînement, non — le chiffrement LUKS ralentit légèrement les opérations sans bénéfice pédagogique sur RHCSA. Pour un poste qui transporte des données sensibles, oui — Anaconda propose la case Encrypt my data qui active LUKS sur tous les volumes LVM en une seule étape.

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